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Sébastien Japrisot

 

Jean-Baptiste Rossi, plus connu sous son nom de plume (et anagramme) Sébastien Japrisot, est un romancier, scénariste, traducteur, réalisateur et parolier français né le à Marseille et mort le à Vichy.

Biographie

Jeunesse marseillaise (1931-1949)

Né le , à Marseille, dans une famille d'origine italienne, Jean-Baptiste Rossi, dans sa jeunesse, est élevé par sa mère et ses grands-parents.

Plus tard, Il suit sa classe de philosophie au lycée Thiers, et à dix-sept ans, c’est pendant les cours de physique et de chimie qu’il entreprend, pour tromper l’ennui, d’écrire Les Mal Partis, une histoire d'amour entre un collégien et une religieuse. Il obtient tout de même son baccalauréat grâce à sa mémoire prodigieuse avec laquelle il retient les notions de physique-chimie apprises dans les livres.

Premiers écrits (1948-1952)

Monté à Paris à la rentrée suivante pour s’inscrire à la Sorbonne, Jean-Baptiste Rossi n’a qu’un but : faire publier son roman, trouver un éditeur. Une amie lui recommande un bureau de dactylographie au quai de l’Horloge, pour y faire taper la première partie des Mal Partis. Ce n'était pas vraiment la bonne adresse, mais un service destiné aux avocats et aux médecins sans secrétaire. Germaine Huart, une dactylo, s'apercevant de son désarroi, lui propose de taper son manuscrit en dehors des heures de travail. Elle est petite, timide et mignonne. Il a le coup de foudre. Cette jeune fille deviendra sa femme. Tout en vivant avec elle, il écrira la deuxième partie des Mal Partis.

Installé à Paris, Jean-Baptiste Rossi publie d'abord en 1950, à dix-neuf ans, un roman sulfureux Les Mal Partis qui relate une liaison amoureuse entre un jeune homme et une religieuse dans la débâcle de 1940. Si le roman est ignoré en France, il est bien accueilli dans sa traduction aux États-Unis. Introduit dans le milieu cinématographique et littéraire, J.-B. Rossi traduit en 1953 L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger qui ne rencontre pas le succès ; il travaille alors dans la publicité pour gagner sa vie.

Poussé par son ami Robert Kanters, il écrivit sous le pseudonyme de Sébastien Japrisot son premier roman policier Compartiment tueurs en 1962. Le succès est grand et le roman est adapté au cinéma. Il en est de même pour les romans suivants comme Piège pour Cendrillon (1963) ou L'Été meurtrier (1977). Il travaille aussi comme scénariste sur Adieu l'ami (1968), Le Passager de la pluie (1969) dont il publie les réécritures romanesques, ou encore La Course du lièvre à travers les champs (1972).

Cherchant à revenir à la littérature, il publie en 1991 Un Long dimanche de fiançailles, histoire d'amour durant la guerre de 14-18 qui se transforme en une véritable enquête policière, que couronne le Prix Interallié et que Jean-Pierre Jeunet adapte au cinéma en 2004.

Jean-Baptiste Rossi choisit le pseudonyme de Sébastien Japrisot (quasi-anagramme de son nom) pour signer ses deux premiers romans policiers Compartiment tueurs et Piège pour Cendrillon, écrits à la suite en quelques jours, sans imaginer un seul instant le succès qu'ils allaient avoir, sans penser qu'ils deviendraient le « Marienbad du roman policier » et que le cinéma s'emparerait de ses livres.

Ne connaissant pas le monde de l'édition, c'est par hasard, parce que la couverture des volumes de la collection Pavillons lui avait attiré l'œil à la vitrine de la librairie Gibert, qu'il tente sa chance auprès de Robert Laffont. Sans se rendre compte que la collection en question n'abritait que des auteurs étrangers. Il demande à voir personnellement le patron pour lui remettre en main propre l'exemplaire unique de son manuscrit. Il fait le siège plusieurs jours. Robert Laffont, Marseillais comme lui, accepte aussitôt de publier cette histoire malgré le sujet sulfureux, les avis défavorables de son comité de lecture – à l'exception de Robert Kanters –, et les menaces des jésuites. On est en février 1950, Rossi n'a alors que dix-neuf ans.

Ce livre lui vaut un succès d'estime en France, une belle auréole au Quartier Latin auprès de ses aînés comme Roger Nimier qui déclare : « Jean-Baptiste Rossi est très jeune, mais il n'est pas pressé de le démontrer ». Aussitôt traduit à l'étranger, le livre connaît un succès foudroyant aux États-Unis. Rossi décroche un contrat mirifique avec les Pocket Books. Afin de se prouver à lui-même qu'il n'est pas l'auteur d'une seule œuvre, il écrit dans la foulée Visages de l'amour et de la haine, longue nouvelle pour le numéro d'octobre 1950 de Réalités, revue dirigée par Marcel Mithois.

Traduction, publicité, courts métrages (1953-1961)

Pour gagner sa vie, alors que ses connaissances en langue anglaise ne vont pas plus loin que celles acquises à l'école, il se met à traduire librement plusieurs romans westerns de Clarence E. Mulford (l'auteur de la série Hopalong Cassidy), sous le pseudonyme de Robert Huart, pour la nouvelle collection Arizona de Robert Laffont. On lui confie par la suite, en 1953, la traduction de L'Attrape-cœurs de J. D. Salinger, l'histoire d'un adolescent fragile. Mais L'Attrape-cœurs ne rencontre pas la faveur immédiate du public (100 exemplaires vendus) et cela a pour effet de dégoûter le jeune Rossi de la littérature. Il traduit encore en 1956 Mais qui a tué Harry ?, le roman de Jack Trevor Story dont Alfred Hitchcock a tiré son film. Puis il entre comme concepteur et chef de publicité dans deux grandes agences parisiennes, dont Synergies, avec Air France, Rubafix, les vins Postillon, les parfums Houbigant comme principaux clients. Sa vie redevient confortable. Rétrospectivement, il confie : « Je venais de plus en plus tard au bureau et j'étais tellement pressé d'en sortir que le trajet même a fini par me sembler absurde. »

À cette époque, vers l'âge de 29 ans, il fait la connaissance du producteur Pierre Braunberger, l'homme des films de la Pléiade, le véritable initiateur de la Nouvelle Vague, le producteur qui a lancé Truffaut, Godard, Resnais, Lelouch. Ce dernier souhaite produire Les Mal Partis. Le film ne se fait pas (livre trop difficile à mettre en images) mais Braunberger, trouvant à son auteur des dons de metteur en scène, lui demande d'adapter une nouvelle de Maupassant. Rossi lui répondra qu'il préfère inventer des histoires lui-même. C'est ainsi que Rossi demande un congé de six mois à son agence publicitaire et réalise pour Braunberger deux courts-métrages : La Machine à parler d'amour avec Nicole Berger et L'Idée fixe, un film policier où une sourde-muette voit un tueur à l'action. Pouvant enfin donner libre cours à son imagination, Rossi quitte définitivement la publicité, ne lâche plus le cinéma, et travaille comme scénariste pour différents metteurs en scène, notamment Jean Renoir et Marcel Ophuls.

Il traduit les Nouvelles de J. D. Salinger en 1961. Et là, belle revanche, Salinger plaît aux Français qui redécouvrent L'Attrape-cœurs. Mais les traductions et le cinéma ne nourrissent pas leur homme.

Retour à la littérature et naissance de Sébastien Japrisot (1962-1970)

En janvier 1962, J.-B. Rossi a un besoin urgent d'argent car le fisc lui réclame un arriéré impressionnant : 500 000 francs de l'époque. Il s'agit d'impôts sur ses gains de publicitaire épuisés depuis longtemps. Son ami et voisin Robert Kanters, à qui il doit en partie la publication des Mal Partis et qui dirige la collection policière "Crime Club" chez Denoël, propose qu'il lui écrive un roman policier. Rossi porte la semaine suivante à son éditeur un manuscrit Compartiment tueurs pour lequel il touche 250 000 francs d'à-valoir. Il revient huit jours plus tard avec Piège pour Cendrillon, pour toucher la même somme. Au moment de signer le contrat, il propose le pseudonyme Sébastien Japrisot.

« Craignant de me fourvoyer dans l'erreur et d'échouer dans le domaine policier, je n'avais pas voulu signer Jean-Baptiste Rossi. » (Sébastien Japrisot, cité in Le Provençal, 06/11/1977).

Il n'imagine pas qu'il va devenir prisonnier de ce nom et se découvrir un don pour lier les fils d'une intrigue complexe. Compartiment tueurs paraît au mois de mai 1962, suivi un an après de Piège pour Cendrillon qui remporte le Grand Prix de Littérature policière. Ces deux livres, qu'il jugeait inavouables, rencontrent d'emblée la faveur de la critique et du public. Le cinéma s'en empare aussitôt : Costa-Gavras pour Compartiment tueurs (son premier film, avec Simone Signoret et Yves Montand) et, en 1965, André Cayatte pour Piège pour Cendrillon (sur une adaptation signée Jean Anouilh). Deux grands succès. Du coup, les producteurs sont à ses pieds. Il devient l'auteur qui écrit facilement pour le cinéma.

Sous son vrai nom, il publie un album satirique illustré par son ami Alain Trez : L'Odyssexe (1965) tiré de leur court-métrage réalisé l'année précédente : L'Homme perdu dans son journal. À l'occasion d'une réédition, Les Mal Partis obtient en 1966 le prix de l'Unanimité (décerné par un jury qui comprend Sartre, Aragon, Elsa Triolet, Adamov, Jean-Louis Bory, Robert Merle). En septembre de la même année, Sébastien Japrisot donne enfin un nouveau roman, plus long que les précédents et qu'il écrit en trois semaines : La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil. Denoël créera une nouvelle collection, "Sueurs froides", pour l'accueillir. L'histoire est celle d'une jeune femme qui emprunte à son patron, sans le lui dire, sa luxueuse voiture pour se rendre sur la Côte d'Azur et qui, en cours de route, est confrontée à des situations de plus en plus hallucinantes. La critique et le public adorent ce livre qui se voit décerner le Prix d'Honneur 1966 et le Best Crime Novel en Grande-Bretagne. Même Simone de Beauvoir en parle.

Après bien des tergiversations (Alfred Hitchcock, Jules Dassin, Roger Vadim sont séduits par La Dame dans l'auto), c'est finalement Anatole Litvak qui adapte à l'écran le roman ; et il en fait même son œuvre testament (1969) avec Samantha Eggar dans le rôle-titre. Les prétendantes étaient nombreuses : Brigitte Bardot, Michèle Mercier, Elizabeth Taylor, Julie Christie, Jane Fonda...

La tentation cinématographique (1970-1980)

Dans les années 70-80, Sébastien Japrisot écrit directement pour le cinéma et consolide son rayonnement à l'étranger.

« Dans le cinéma moins qu'ailleurs personne n'écoute jamais personne. Si vous voulez que vos personnages soient sur une toile blanche, n'écrivez pas un roman, écrivez directement un scénario, l'adaptation, les dialogues, tout. C'est ce que j'ai fait. »

Avec Jean Herman (alias Jean Vautrin), il va trouver Serge Silberman, producteur du Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel, et du Trou, de Jacques Becker, pour lui proposer Adieu l'ami, l'histoire de deux ex-légionnaires qui se font enfermer dans une chambre forte, l'un pour voler, l'autre pour y restituer de l'argent. Le film, réalisé en 1968 avec Charles Bronson et Alain Delon, marche très fort. Serge Silberman le pousse à écrire de nouveau pour lui. Ainsi naît Le Passager de la pluie, mis en scène par René Clément en 1969, avec Charles Bronson et Marlène Jobert. Dans cette lutte entre une femme victime d'un viol, qui a tué son agresseur, et un policier obstiné et imprévisible qui la traque et la malmène, tout est dans la subtilité des relations qui s'esquissent entre eux. Savant dosage de résistance acharnée et d'essai de domination, de douceur ou de brutalité teintée d'érotisme sous-jacent.

Japrisot écrit encore pour Silberman et avec à la réalisation le même René Clément, deux ans plus tard, La Course du lièvre à travers les champs. Au début, il s'agissait d'adapter un roman de la "Série noire" Black Friday (Vendredi 13) de David Goodis. Mais très vite, Japrisot s'aperçoit que ça ne marchera jamais, il a envie de raconter une autre histoire. Et de ce fait, La Course du lièvre à travers les champs est l'une de ses œuvres les plus personnelles, qui dégage un charme étrange et poétique. Il associe deux histoires : celle d'enfants de Marseille jouant aux gangsters et celle de gangsters en pleine action en Amérique.

Serge Silberman le pousse à la réalisation. Sébastien Japrisot tourne ainsi en 1975 son premier long métrage adapté de son roman de jeunesse : Les Mal Partis. Ce film lui donne le virus de la mise en scène, mais l'écriture est pour lui plus qu'une passion, « une infirmité », et il déteste les contraintes liées aux horaires. La même année, il adapte au cinéma, pour Just Jaeckin, le roman de Pauline Réage : Histoire d'O et Folle à tuer pour Jean-Pierre Mocky d'après le roman Ô dingos, ô châteaux ! de Jean-Patrick Manchette. Finalement, c'est Yves Boisset qui réalisera Folle à tuer et du coup, Japrisot refusera d'être crédité au générique.

Nouveau retour à la littérature (1980-1991)

Après une « absence » de dix ans, il revient à la littérature en 1977 avec L'Été meurtrier, qui obtiendra le prix des Deux-Magots en 1978. Ce roman, dont les événements sont relatés par les principaux protagonistes, chacun apportant sa vision de la réalité, de son point de vue personnel, trouve son point de départ dans trois faits divers réels. Le roman, puis le film réalisé en 1983 par Jean Becker (qui n'avait pas tourné depuis seize ans) et mettant en vedette Isabelle Adjani et Alain Souchon, connaîtront un important succès. Dans cette histoire de vengeance, Adjani incarne une jeune séductrice prête à tout pour dénouer une tragédie du passé. La beauté de la Provence contraste avec la noirceur de l'intrigue. Le film récolte en 1984 quatre Césars, dont celui de la meilleure adaptation cinématographique pour Japrisot. En 1986, l'auteur publie La Passion des femmes – portrait fragmenté d'un homme par les huit femmes qui l'ont aimé et hommage à l'univers du cinéma – et dirige deux ans plus tard Lætitia Gabrielli et Anne Parillaud pour son second long métrage, Juillet en septembre, l'histoire de deux personnages en quête d'amour – un tueur psychopathe et une jeune femme –, qui se croisent, se rencontrent mais seulement pendant huit minutes. Japrisot entame alors la rédaction d'Un Long dimanche de fiançailles, qui obtiendra à sa sortie en 1991 le prix Interallié. Il a porté ce livre en lui pendant vingt ans et il a mis quatre ans à l'écrire. Le lecteur est emmené sur les champs de bataille de la Grande Guerre. Un long dimanche de fiançailles raconte une histoire d'amour, celle vécue par une jeune fille meurtrie dans sa chair (elle est handicapée) et dans son cœur (elle ne croit pas en la mort de son fiancé parti à la guerre). Une histoire d'amour qui se décline comme une enquête policière et qui se nourrit de souvenirs et d'acharnement.

Nouvelles flâneries du côté du cinéma (1991-2003)

Un Long dimanche de fiançailles, son chef-d'œuvre romanesque pour beaucoup de ses lecteurs, a été porté à l'écran par Jean-Pierre Jeunet avec Audrey Tautou dans le rôle de Mathilde. En 1998 sort Les Enfants du marais, tendre chronique de l'entre-deux-guerres dédiée aux petites gens et à la nostalgie d'un bonheur simple comme un rayon de soleil ou un verre de vin. Réalisé par Jean Becker d'après le roman de Georges Montforez, ce film prouve que L'Été meurtrier n'a pas tué le ticket Becker-Japrisot. Japrisot perpétue d'ailleurs sa complicité avec ce même réalisateur en écrivant le scénario d'Un crime au paradis (2000) d'après La Poison de Sacha Guitry, l'histoire d'un couple de paysans qui se détestent au point de souhaiter chacun la mort de l'autre, avec Jacques Villeret et Josiane Balasko dans les rôles autrefois interprétés par Michel Simon et Germaine Reuver.

Vers 1990, il s'installe en Bourbonnais, avec sa compagne Cathy Esposito, dans une grande maison en pleine campagne, entre Busset et Mariol ; il meurt en 2003 à Vichy. Il est enterré dans l'extension du cimetière de Busset (Allier).

Publications

Romans, récits

  • Les Mal Partis - Prix de l'Unanimité 1966 (sous le nom de J.-B. Rossi, Robert Laffont, 1950)
  • Visages de l'amour et de la haine (sous le nom de J.-B. Rossi, in Réalités no 57, 10/1950)
  • L'Odyssexe (album illustré par Trez, publié sous le nom de J.-B. Rossi, Denoël, 1965)
  • La Passion des femmes (Denoël, 1986)

Romans policiers

  • Compartiment tueurs (Denoël, coll. «  Crime-club » no 203, 1962)Roman adapté au cinéma en 1965 dans un film français homonyme réalisé par Costa-Gavras, avec Simone Signoret et Yves Montand.
  • Piège pour Cendrillon (Denoël, coll. « Crime-club » no 209, 1963) - Grand Prix de littérature policière 1963 Roman adapté au cinéma en 1965 dans un film français homonyme réalisé par André Cayatte, avec Dany Carrel et Madeleine Robinson.
  • La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (Denoël, 1966) Roman adapté au cinéma en 1970 dans un film franco-américain, dont le titre original est The Lady in the Car with Glasses and a Gun, réalisé par Anatole Litvak, avec Samantha Eggar et Oliver Reed, et de nouveau en 2015 dans un film français homonyme réalisé par Joann Sfar, avec Freya Mavor et Elio Germano.
  • L'Été meurtrier (Denoël, 1977) - Prix des Deux-Magots 1978, prix de l'Académie suédoise 1978 Roman adapté au cinéma en 1983 dans un film français homonyme réalisé par Jean Becker, avec Isabelle Adjani et Alain Souchon.
  • Un Long dimanche de fiançailles (Denoël, 1991) - prix Interallié 1991 Roman adapté au cinéma en 2004 dans un film français homonyme réalisé par Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou et Gaspard Ulliel.

Scénarios publiés

  • La Machine à parler d'amour (sous le nom de J.-B. Rossi, L'Avant-scène cinéma no 66, 01/1967)
  • Adieu l'ami (Denoël, 1968) Scénario qui a donné lieu au film franco-italien Adieu l'ami réalisé par Jean Herman en 1968, avec Charles Bronson et Alain Delon.
  • La Course du lièvre à travers les champs (Denoël, 1972) Scénario qui a donné lieu au film franco-italien La Course du lièvre à travers les champs réalisé par René Clément en 1972, avec Jean-Louis Trintignant et Robert Ryan.
  • Le Passager de la pluie (Denoël, 1992) Scénario qui a donné lieu au film français Le Passager de la pluie réalisé par René Clément en 1970, avec Marlène Jobert et Charles Bronson.

Traductions

  • Hopalong Cassidy entre en jeu (Hopalong Cassidy With the Trail Herd, 1950), roman western de Clarence E. Mulford, trad. sous le pseudonyme de Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 1, 1951)
  • Hopalong Cassidy et la couvée de l'aigle (Hopalong Cassidy With the Eagle's Brood, 1931), roman western de Clarence E. Mulford, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 2, 1951).
  • Hopalong Cassidy trouve un double (Hopalong Cassidy Returns, 1923), roman western de Clarence E. Mulford, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 3, 1951)
  • Hopalong Cassidy : les Hors-la-loi de West Fork (Hopalong Cassidy and the Rustlers of West Fork, 1951), roman western de Louis L'Amour, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 6, 1951). (NB : le nom de l'auteur sur la page de titre est "Tex Burns")
  • Pistes dans la nuit (Trails by Night), roman western de Tom J. Hopkins, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 7, 1951).
  • Hopalong Cassidy et les Compagnons du ranch 20 (Hopalong Cassidy, Bar 20, Rides Again, 1926) roman western de Clarence E. Mulford, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 8, 1951).
  • Hopalong Cassidy : le Shérif de Twin River (Hopalong Cassidy Serves a Writ, 1941), roman western de Clarence E. Mulford (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 10, 1952).
  • Hopalong Cassidy : (Meurtres sur) la Piste des sept pins (Hopalong Cassidy and the Trail to Seven Pines, 1951), roman western de Louis L'Amour, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 11, 1952).
  • La Poursuite blanche (Murder in the Outlands), roman western de James Beardsley Hendryx, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 12, 1952).
  • Hopalong Cassidy : Panique à Tasotal (Hopalong Cassidy and the Riders of High Rock, 1951), roman western de Louis L'Amour trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 14, 1952).
  • Hopalong Cassidy : l'Inquiétant tireur (Hopalong Cassidy : Trouble Shooter, 1952), roman western de Louis L'Amour, trad. Robert Huart (Robert Laffont, coll. "Arizona" no 16, 1953)
  • L'Attrape-Cœurs (The Catcher in the Rye), roman de J. D. Salinger (Robert Laffont, coll. « Pavillons », 1953)
  • Mais... qui a tué Harry ? (The Trouble with Harry), roman de Jack Trevor Story (Robert Laffont, 1956)
  • Nouvelles (Nine Stories), J. D. Salinger (Robert Laffont, coll. « Pavillons », 1961)
  • L'Homme hilare / J. D. Salinger, extrait des nouvelles ; Quinze xylographies de Movy Pasternak (Thuin : Editions de la Grippelotte, 1970)

Recueils, œuvres réunies en volumes

  • Écrit par Jean-Baptiste Rossi (coéd. Denoël-Robert Laffont, 1987)
  • Japrisot volume 1 (œuvre policière) (Denoël, coll. "Des heures durant", 2003)
  • Japrisot volume 2 (œuvre romanesque) (Denoël, coll. "Des heures durant", 2004)
  • Romans policiers (Gallimard, coll. "Quarto", 2011)

Nouvelles

  • Jean-Baptiste Rossi. « Les Vagabonds ». La Gazette des Lettres no 94, samedi 6 août 1949, p. 10-11, ill. en n/b de R. Pagès.
  • Jean-Baptiste Rossi. « La Voix morte ». La Nef : revue mensuelle no 57, septembre 1949, p. 46-51.
  • Jean-Baptiste Rossi. « Aquarelle pour un petit garçon ». La Pipe en écume : bulletin périodique du Mouvement Musical des Jeunes et des Compagnons du Concert de Chambre de Paris, cahier no 15, automne-hiver 1949, p. 18
  • Jean-Baptiste Rossi. « Atmosphère indigo ». La Gazette des Lettres, samedi 1er avril 1950 (6e année), no 111, p. 8-9, ill. Le Louarn.
  • Jean-Baptiste Rossi. « La Croisière du "Charcot" de Frank Bullen », résumé-digest du livre de F. Bullen. La Gazette des lettres, samedi 8 juillet 1950, no 118, p. 11, surtitre : « notre Digest ».
  • Sébastien Japrisot. « L'Idée fixe ». 813, octobre 2003, n° 85/86, p. 20-22, ill. Dominique Rousseau.

Poème

  • Jean-Baptiste Rossi. « Sensations » [Crépuscules sombres]. Entre Nous, journal de lycéens parisiens, 1947.

Filmographie

En qualité de réalisateur et scénariste

  • La Machine à parler d'amour (court métrage, 1961)
  • L'Idée fixe (court métrage, 1962)
  • L'Homme perdu dans son journal (court métrage, avec Alain Trez, 1964)
  • Les Mal Partis (1975 - sortie le 11/02/1976). Réal. Jean-Baptiste Rossi. Avec France Dougnac, Marie Dubois, Pascale Roberts, Fred Personne, Olivier Jallageas, Bernard Verley, Jean Gaven, Richard Leduc, Martine Kelly, René Morard, Monique Mélinand, René Havard
  • Juillet en septembre (1988). Réal. Sébastien Japrisot. Avec France Dougnac, Lætitia Gabrielli, Anne Parillaud, Pascale Pellegrin, Jean Gaven, Giselle Pascal, Daniel Desmars, Éric Damain, Cathy Esposito, Lydia Andréi, Éric Denize, Florence Geanty

En qualité de scénariste (scenarios originaux)

Voir aussi les trois courts métrages et Juillet en septembre qu'il a réalisés

  • Adieu l'ami. Réal. Jean Vautrin. Avec Charles Bronson et Alain Delon.
  • La Course du lièvre à travers les champs. Réal. René Clément, avec Jean-Louis Trintignant, Robert Ryan, Lea Massari - ainsi que, le temps d'une apparition, une petite fille : Emmanuelle Béart.
  • Le Passager de la pluie. Réal. René Clément.

En qualité de scénariste (adaptations d'œuvres)

  • Peau de banane (1963). Réal. Marcel Ophuls. D'après le roman de Charles Williams. NB : Sébastien Japrisot n'est pas crédité.
  • Histoire d'O (1975). Réal. Just Jaeckin. D'après le roman de Pauline Réage Histoire d'O.
  • Folle à tuer (1975). Réal. Yves Boisset. D'après le roman de Jean-Patrick Manchette Ô dingos, ô châteaux ! NB : Sébastien Japrisot n'est pas crédité.
  • Les Mal Partis (1976). Réal. Jean-Batiste Rossi, d'après son propre roman.
  • L'Été meurtrier (1983). Réal. Jean Becker. César de la meilleure adaptation cinématographique 1984.
  • Les Enfants du marais (1998). Réal. Jean Becker. D'après le roman de Georges Montforez.
  • Un crime au paradis (2001). Réal. Jean Becker. D'après La Poison de Sacha Guitry.

En qualité d'auteur de l'œuvre originale

Discographie

Paroles de chanson

  • Sébastien Japrisot a écrit les paroles de la chanson titre du film Le Passager de la pluie réalisé par René Clément, avec une musique de Francis Lai (Éditions Francis Dreyfus, 1970). L'interprète Séverine signe son premier grand succès. Le single se vend non seulement en France, mais également à l'étranger et est classé numéro 1 durant plusieurs semaines des charts japonais. Nicole Croisille a repris cette chanson dans une version sensiblement différente.

Analyse de l'œuvre

Thèmes

Tous les romans de Sébastien Japrisot racontent des histoires passionnelles mêlées à une intrigue criminelle savante. Les lecteurs se complaisent dans ce côté labyrinthique cher à l'écrivain qui avoue :

« Si j'aborde dans mes livres certaines choses que je pense sur la société, cela me vient vraiment des personnages. Tout ce qui m'intéresse, c'est humain, ce n'est jamais idéologique. C'est pourquoi après Compartiment tueurs, mes romans s'écartaient de plus en plus du policier pour aller vers le roman psychologique où il n'y a plus vraiment d'intrigue policière. Je pouvais dire des choses à travers des personnages qui sont confrontés à une aventure qui les dépasse. Plutôt que de prendre des policiers qui voient des meurtres tous les jours, autant prendre un personnage comme vous et moi qui est confronté à un meurtre ou à une histoire dans laquelle il ne devait pas être. J'aime les personnages qui sont dépassés par les événements et qui, finalement, gagnent sur les événements. C'est d'autant plus intéressant quand c'est une héroïne, qu'on croit plus vulnérable, en tout cas plus fragile physiquement que les hommes, et qui est protégée par le lecteur qui a peur pour elle plus que pour un héros masculin. »

L'exigence a toujours été une de ses qualités :

« Le roman policier n'est pas un genre mineur. Balzac et Graham Greene ont écrit des policiers. Vous pensez que j'exagère de me comparer à Balzac et Graham Greene ? Il faut être ainsi à notre époque. Je ne dois pas pécher par facilité [...] Si j'ai choisi d'écrire des histoires policières, c'est parce qu'elles sont un alibi commode pour dire ce dont, par nature, je ne voudrais parler qu'à voix basse. Les événements y font un tel vacarme qu'on peut crier et chanter à tue-tête. Seuls, les plus près de vous entendent. »

Accueil et perception de l'œuvre

Sébastien Japrisot vivait à son humeur, alternant littérature et cinéma, avec la chance de pouvoir s'octroyer, parfois, quelques années de silence méritées. Ses livres, ses films ne l'ont pas trahi. Il aimait la Femme, Lewis Carroll, le jazz, la tranquillité autant que les nuits blanches, la campagne et la mer, le pomerol, les souvenirs de son enfance, la vidéo (la plus grande invention depuis l'aspirine), les voitures miniatures, les timbres-poste et, par-dessus tout, sa famille et ses amis. Il n'avait jamais pris la grosse tête, avait su rester simple et se tenir à l'écart des mondanités parisiennes. Traduit dans de nombreux pays (Europe, Amérique, Japon, pays de l'Est…), il est également considéré comme l'un des écrivains français les plus lus à l'étranger. Ses romans, recommandés par l'Éducation nationale, font d'ailleurs partie des programmes scolaires.

Revue de presse, éloges, hommages

Écrivains

Maurice-Bernard Endrèbe, Magazine du mystère no 11, 1978 :

« Japrisot a franchi allègrement la distance séparant le Quai des Orfèvres du Quai Conti et la littérature policière de celle qui ne l'est pas. »

Françoise Giroud, Le Journal du Dimanche, 13 octobre 1991 :

« Un mécanicien diabolique. Il emboîte, il déboîte, il visse, il dévisse, il manipule son Meccano et vous surprend jusque dans ses dernières pages. C'est son truc, il y excelle. D'autre part, c'est un écrivain. La combinaison des deux n'est pas courante. »

Thomas Narcejac, Le Grand Livre du Mois, décembre 1991 :

« Quand un auteur dispose ainsi des nerfs de son lecteur et sait unir les ressources de la tragédie et les subtilités du roman de mystère, aucun doute, c'est le premier parmi les grands... »

Jean-Christophe Grangé, France Info, mars 2003 :

« Pour moi, c'était vraiment un maître absolu, un auteur qui avait à la fois son univers policier et son univers stylistique. Il avait ce talent d'associer à la fois des intrigues très particulières toujours avec des angoisses sur l'identité, sur un noyau central qui était vertigineux, d'une complexité, qui se resserrait au niveau de l'enquête. »

Thierry Jonquet, La Bête et la belle, La bibliothèque Gallimard no 12, 1998 :

« J'admire Sébastien Japrisot. Ses constructions abstraites, rigoureuses, implacablement rationnelles et pourtant totalement folles, me laissent admiratif. Japrisot est sans doute un joueur d'échec très doué. Mygale a été influencé par Piège pour Cendrillon, qui était un livre très construit, avec une logique folle. Japrisot m'impressionne beaucoup ! »

Emmanuel Carrère, Le Nouvel Observateur no 2011, 22-28/05/2003 :

« Cet inventeur de fictions aussi tarabiscotées qu'évidentes était aussi un styliste. Il y a chez lui des attaques, des rapidités, des détentes, une musique facile et savante qui sent souvent le Midi mais jamais l'ersatz de pagnolade. »

Jean-François Coatmeur, 813, no 85-86, octobre-novembre 2003 :

« Bien avant que nos chemins se croisent, Sébastien Japrisot était déjà pour moi un modèle : savante architecture de ses constructions narratives, sans rien qui « pèse ou qui pose », complexité si humaine de ses personnages, sortilèges d'une écriture très travaillée, mais qui avait gardé la souplesse éthérée du premier jet... Et puis je l'ai rencontré, au temps heureux des "grands-messes" rémoises. Et Jean-Baptiste est devenu un ami. »

Classe politique

Jean-Jacques Aillagon, Ministre de la Culture et de la Communication, communiqué du 6 mars 2003 :

« Avec Sébastien Japrisot disparaît un maître de la narration, un écrivain aussi apprécié de la critique que du public. Il a écrit avec la même aisance La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil et Un Long dimanche de fiançailles. Il a connu de grands succès populaires aussi bien dans le roman policier que dans le roman historique, et obtenu des prix prestigieux comme l'Interallié ou les Deux-Magots. Ses romans ont inspiré des cinéastes comme Costa-Gavras, Jean Becker ou Jean-Pierre Jeunet et lui-même a été l'auteur de scénarios dont on se souviendra longtemps, comme Adieu l'ami ou Le Passager de la pluie. Il disait "la seule langue que je comprends, en dehors du français, est celle des images". Il était un orfèvre dans les deux langages. Mais sa plus grande ressource venait de son amour pour ses personnages et pour l'histoire de notre pays, qui restera comme la chair de son œuvre. »

Universitaires

André Vanoncini, Le Roman policier. PUF, coll. "Que sais-je ?", 1993

« Les héroïnes de Japrisot, à travers l'enquête et le crime, cherchent à atteindre et à articuler leur identité profonde, fût-ce au prix de l'autodestruction. »

Stéphanie Dulout, Le Roman policier. Milan, coll. "Les Essentiels Milan", 1995

« Très influencé par les inventions virtuoses de Boileau-Narcejac, Sébastien Japrisot joue à son tour sur les possibilités multiples qu'offre le roman policier. Il tente notamment, en concentrant sur un seul personnage les fonctions clés de l'intrigue, d'intensifier la tension psychologique et le drame. »

Yves Reuter, Le Roman policier. Nathan Université, coll. "128", 1997 :

« Sébastien Japrisot est un virtuose des jeux de narration et de perspectives. Il soigne autant ses intrigues, fort complexes, que son écriture. »

Le choix de l'intrigue policière, conforme au goût de l'insolite que Japrisot avait exprimé en tant que publicitaire, révèle surtout la volonté de démonter les modèles du genre : il s'agit de subvertir la logique narrative pour remettre en jeu la maîtrise du lecteur et le pouvoir des héros, obligés de reconstruire leur identité en confondant progressivement les rôles de l'enquêteur, du témoin, de la victime et de l'assassin, au risque d'être eux-mêmes condamnés ou de perdre la raison. Sylvie ROZÉ, « Dictionnaire des lettres françaises : le XXe siècle », La Pochothèque, 1998

Critiques littéraires

« Japrisot a une vertu rare, ou une grâce, ou une chance : il ne sait pas rater un livre, pas plus qu'un film… Il y a dans le roman de Japrisot un tel foisonnement d'intrigues, comme dans la littérature picaresque où chaque personnage raconte un univers, une telle générosité d'invention, une telle émotion, pour tout dire un tel talent, qu'on y trouverait dix films ». Renaud Matignon, Le Figaro.
« Japrisot n'a pas la chair triste. Il a le délire élégant. Rien d'étonnant de la part de quelqu'un qui place si volontiers Lewis Carroll en épigraphe de ses livres. Ce caïd des séries noires ou blêmes dissimule un rêveur. Ou, si l'on préfère, un poète, mais qui ne hausse pas le col, ne pose pas au voyant ». Arnould de Liederkerke, Le Figaro Magazine.

Un vrai romancier, un écrivain qui a trouvé l'équilibre entre la technique policière et la sensibilité romanesque. François Gonnet, France-Inter.

Japrisot est un Simenon corrigé par Robbe-Grillet. Le Nouveau Candide, 16-23/05/1963

Sébastien Japrisot a le visage du poète de Peynet, une douceur qui donne la chair de poule, un filet de voix et le regard candide. À le voir tapi dans un coin de la pièce, reculant devant le succès comme devant un bain glacé, image même de l'innocence, nous avons pensé " Quel superbe criminel il ferait ! " Babette Rolin, Les Beaux-Arts, 17/05/1963

Son expérience de la publicité où, écrit-il, « ce qui compte, c'est d'en mettre un coup dans l'imagination », semble lui servir en littérature : il s'applique à frapper l'esprit du lecteur par son choix de l'intrigue policière et par un renversement au profit d'une écriture personnelle, de toutes les conventions du genre. Dans ces romans policiers qui n'en sont pas, l'insolite définit le comportement des acteurs principaux, dont les millions de gestes imprévisibles menacent le sens et l'ordre d'un monde adulte. Dictionnaire historique, thématique et technique des littératures, Larousse, 1985

La force de Japrisot, c'est d'une part cette construction maligne qui s'apparente au jeu de Meccano, chaque pièce s'emboîtant l'une dans l'autre. C'est aussi, bien sûr, cette écriture d'apparence simple, rythmée, étonnamment phonétique, charmeusement musicale… On frémit, on s'interroge, on s'inquiète. Le suspense se liant à l'émotion. Un grand livre, ce n'est rien d'autre : un grand sujet, des personnages forts, une écriture saisissante. Gilles Pudlowski, Le Point.

Dépassant à chaque roman le cadre d'une intrigue policière menée avec toute la rigueur du genre, Sébastien Japrisot nous livre des drames psychologiques passionnants, où l'insolite, l'humour et l'émotion alternent pour le plus grand plaisir du lecteur. Maxi-Livres / Profrance, présentation de l'auteur pour Le Passager de la pluie, 1995.

La logique narrative est chez lui fondée sur sa propre subversion – qui met en cause aussi bien la conscience du détective que la maîtrise du lecteur – dans la lignée de la structure tragique sophocléenne et du récit analytique freudien. Pascal Mougin et Karen Haddad-Wotling, Dictionnaire mondial des littératures, Larousse, 09/2002

Sébastien Japrisot occupe une place singulière dans le roman français contemporain. Il a réussi à mener de front, avec un égal bonheur, son œuvre de scénariste et de romancier. Tenu parfois comme le plus anglo-saxon des écrivains français, il est l'un des auteurs français les plus traduits à l'étranger. Depuis son tout premier livre, la ferveur du public ne l'a jamais quitté. Surtout, et ce n'est pas sans moindre mérite, s'il ne s'est pas cantonné au roman policier, Sébastien Japrisot a largement contribué à abolir, par la qualité de son écriture et l'originalité de son écriture, la frontière entre littérature policière et littérature tout court. Gérard Meudal, Le Monde no 18077, 08/03/2003

Critiques littéraires spécialisés

Léger, très brillant, Jean-Baptiste Rossi (Sébastien Japrisot) cisèle la phrase avec un plaisir évident, et élabore de très beaux personnages de femmes. Nous lui devons de subtils romans aux machinations complexes, style William Irish, et dont les victimes sont souvent les coupables. Benvenuti-Rizzoni-Lebrun, Le Roman criminel : histoire, auteurs, personnages, L'Atalante, 1982

Même s'il l'a fait involontairement, inconsciemment, il a cependant marqué l'histoire du suspense français. Dans ses romans à suspense l'emporte l'étude psychologique des personnages. Michel Lebrun & J.-P. Schweighaeuser in Le Guide du polar, histoire du roman policier français, Syros, 1987

Les principaux arguments de ce romancier sont la maîtrise de l'écriture comme de l'intrigue. Tout est négocié avec une science innée de l'application. Les sujets sont forts, recherchés. La langue concise, très travaillée. Cette recherche permanente du plus juste équilibre fait de Japrisot un écrivain aussi rare que déterminant. Robert Deleuse, Les Maîtres du roman policier, Bordas, Les compacts no 24, 1991

L'œuvre de Sébastien Japrisot à l'étranger

Œuvres littéraires traduites

Films à l'étranger

Récompenses

Prix décernés à Sébastien Japrisot, aux œuvres auxquelles il a participé ou aux personnes ayant adapté ses romans.

Livres

  • 1963 : Grand Prix de Littérature policière pour Piège pour Cendrillon (Denoël, 1963).
  • 1966 : Prix de l'Unanimité pour Les Mal Partis (Robert Laffont, 1966 - rééd. de l'éd. de 1950)
  • 1966 : Prix d'Honneur pour La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (Denoël, 1966)
  • 1968 : Gold Dagger Award for the Best Crime Novel of the Year 1968 (Best Foreign) décerné par la Crime Writer's Association pour The Lady in the Car (Souvenir Press)
  • 1978 : Prix des Deux-Magots pour L'Été meurtrier (Denoël, 1977)
  • 1981 : The Martin Beck Award décerné par la Svenska Deckarakademin (Académie suédoise) pour Vedergällningen (L'Été meurtrier)
  • 1991 : Prix Interallié pour Un Long dimanche de fiançailles (Denoël, 1991).
  • 1996 : Adult Great Read (Honorable Mention) décerné par les Nothern California Independent Booksellers Associated (NCIBA) (USA) pour A very long Engagement

Films

Nominations

  • 1971 : Laurel Award du Meilleur Film étranger (Best Foreign Film) pour Le Passager de la pluie (1969) - 4e place.
  • 1971 : Edgar Allan Poe Award du Meilleur film (Best Motion Picture) pour Le Passager de la pluie (1969).
  • 1983 : Palme d'or au Festival de Cannes pour Jean Becker pour L'Été meurtrier (1983).
  • 1984 : César du meilleur acteur pour Alain Souchon dans L'Été meurtrier (film de Jean Becker, 1983).
  • 1984 : César du meilleur réalisateur pour Jean Becker avec L'Été meurtrier.
  • 1984 : César du meilleur film pour L'Été meurtrier (film de Jean Becker, 1983).
  • 1984 : César de la meilleure musique écrite pour un film pour Georges Delerue avec L'Été meurtrier (film de Jean Becker, 1983).
  • 1984 : César du meilleur acteur dans un second rôle pour François Cluzet dans L'Été meurtrier (film de Jean Becker, 1983).

Victoires

Dans la culture populaire

Œuvres influencées par Sébastien Japrisot

  • La Vengeresse, bande dessinée de François Rivière et Patrick Dumas (Glénat “Circus aventure”, 1991) rappelle par l'intrigue et son héroïne L'Été meurtrier.
  • Élisa, film de Jean Becker sorti en 1995. Le thème de la recherche des racines rappelle L'Été meurtrier et Juillet en septembre. Pour cette raison, Sébastien Japrisot n'a pas souhaité collaborer à l'écriture du scénario de Jean Becker qui s'est tourné vers Fabrice Carazo. Il existe une novélisation du scénario par Denis Fernández-Recatalá (Archipel, 1995).
  • Emma Locatelli, dans son roman historique Les Haines pures (Albin Michel, 2013) explore à la manière de Sébastien Japrisot et de Philippe Claudel la noirceur de l'âme humaine et les blancs de l'Histoire.
  • Dans leurs "Panthéons" des écrivains, les romanciers Thierry Jonquet, Emmanuel Carrère, Michel Bussi et Jean-Christophe Grangé citent régulièrement Sébastien Japrisot. Pour Michel Bussi, Sébastien Japrisot est l'écrivain qui a fait de lui un écrivain.

Hommages

  • Le roman Les Pourritures célestes signé Albedo (Baleine, coll. "Le Poulpe" n° 138, 1998) est dédié à Sébastien Japrisot.
  • Le romancier Philippe Ragueneau a consacré une série de six romans policiers aux éditions du Rocher (de 2001 à 2005). Ils mettent en scène le peintre Sébastien Chaprisot et son chat Tiburce.
  • Une citation de Sébastien Japrisot « La dérision en toute chose est l'ultime défi au malheur » figure en exergue au film Effroyables jardins de Jean Becker (2003).
  • Le Dr Martin Hurcombe du Département de français, à l'Université de Bristol, en Angleterre, a organisé le 7 septembre 2005 un colloque sur Sébastien Japrisot : « Sébastien Japrisot en rétrospective ».Les actes du colloque ont été publiés : Sébastien Japrisot : The Art of Crime (Rodopi, 2009).
  • Le titre primitif du roman de Sylvie Granotier, Méfie-toi, fillette (éd. la Branche, coll. "Suite noire" n° 32, 2009) était Comportement tueuse et faisait référence au roman de Sébastien Japrisot, Compartiment tueurs. Bien qu'annoncé, le titre a du être changé car le roman de Japrisot n'a pas été publié dans la Série noire.
  • Le romancier Paul Colize choisit des titres à ses romans qui renvoient à des œuvres de Sébastien Japrisot : Un long moment de silence (La Manufacture de livres, 2013) (Un Long dimanche de fiançailles), L'Avocat, le Nain et la princesse masquée (La Manufacture de livres, 2014) (La Dame dans l'auto).
  • Le titre du roman de Stéphane Oks, L'Enfant dans la neige avec un cartable et un fusil, renvoie au roman de Sébastien Japrisot : La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (Éd. du Toucan, 2017).

Sources

Voir aussi

Bibliographie critique

Interviews

  • Bénévent, Christine. « Je me raconte une histoire et c'est tout ». In Japrisot, Sébastien. Piège pour Cendrillon. Paris : Gallimard, août 1999, p. 7-13. Coll. « La Bibliothèque Gallimard » no 39.
  • Bauby, Jean-Dominique. « À la recherche d'un soldat perdu ». Elle, 16 septembre 1991.
  • Brouillet, Chrystine. « Japrisot comme passion ». Nuit blanche : l'actualité du livre (Québec), décembre 1986 - janvier/février 1987, no 26, p. 72-73, dans le cadre d'un dossier sur : « Le polar et ses doubles ».
  • Coste, Geneviève. « Ma passion pour Adjani ». Télé 7 jours, 7 novembre 1987, p. 94-95.
  • Courchay, Claude. « La course de Japrisot ». Le Monde des livres, vendredi 21 novembre 1980.
  • Delaygues, Jean-Claude. « Sébastien Japrisot : le paradis en Bourbonnais ». La Montagne, 26 mars 2000, rubr. « Les gens » p. 6
  • Dutreix, Gilles. « Sébastien Japrisot : "Notre comportement d'adultes représente exactement celui des enfants" ». Nice Matin, 1er octobre 1972.
  • Gaignault, Fabrice. « Sébastien Japrisot : "Des centaines de femmes sont passées dans ma vie" ». Elle, lundi 7 février 2000.
  • Gardanne, Jean-Michel. « Jean-Baptiste Rossi dit Sébastien Japrisot ». Provençal, dimanche 6 novembre 1977.
  • Gaudin, Roger. « Sébastien Japrisot : "L'Été meurtrier est un livre plus ambitieux que mes précédents romans" ». Le Méridional, dimanche 6 novembre 1977, no 685, p. 5.
  • Gauthier, Bernard-Claude. « Les passions de Sébastien ». Construire, 6 mai 1987, no 19, p. 50-51
  • Gaudemar, Antoine de. « À quoi pensez-vous ? ». Libération, vendredi 31 décembre 1999.
  • Geoffriault, Bernard. « Sébastien Japrisot : "Contre le ghetto du polar" ». 813, 1er trim. 1981, no 1.
  • Grunberg, Zoé. « Interview Japrisot : Sébastien Japrisot, portrait du père des Enfants du Marais », à l'occasion de la 3e édition du festival des scénaristes de la Ciotat, mai 2000. en ligne
  • Jaubert, Jacques. « Sébastien dans le tunnel ». Le Figaro, 3 octobre 1966.
  • Lhoste, Pierre. « Sébastien : un roman de comportement plus que d'analyse ». Nice Matin, 29 octobre 1977.
  • Montremy, J.-M. « Le bureau de... Sébastien Japrisot ». Lire, novembre 1991, no 194, p. 148-150.
  • Périsset, Maurice. « Réponses de Sébastien Japrisot au questionnaire de Marcel Proust ». In Périsset, Maurice. Panorama du polar français contemporain. Paris : Éd. de l'Instant, juin 1986, p. 303-304.
  • Riou, Alain. « Sébastien, c'est fou ». Le Nouvel Observateur, 7 juillet 1994.
  • Royer, Jean. « Japrisot : un rendez-vous avec notre époque ». Le Devoir (Montréal), samedi 22 novembre 1986, p. C-1, C-9.
  • Sieur, Isabelle. « Sébastien Japrisot à bâtons rompus ». In Japrisot, Sébastien. Un Long dimanche de fiançailles. Paris : France Loisirs, avril 1992, p. IV-XI
  • Sieur, Isabelle. « Trois questions à Sébastien Japrisot ». Elle, 14 décembre 1992.
  • Soulié, Jean-Paul. « Après L'Été meurtrier, Japrisot veut faire un film de La Passion des femmes ». La Presse Montréal, samedi 22 novembre 1986, p. 8.
  • Turquetit, Andrea. « Japrisot entre deux images ». Aux écoutes, 19-25 août 1968, p. 14-15.
  • « Entretien avec Sébastien Japrisot » in La Passion des femmes. Paris : France loisirs, mai 1987, p. IV-IX
  • « Ils aiment les femmes et disent pourquoi : Sébastien Japrisot ». VSD, 3 octobre 1991, p. 88.
  • « Japrisot-Rossi, un jeune aigle à deux têtes », propos recueillis par Michel Dunois et Anne Manson in L'Aurore, août 1972

Monographies

  • Becker par Becker / Jean Becker. Paris : Éd. PC, 2004, 207 p. (ISBN 2-912683-33-5)
  • Tout Just : souvenirs / Just Jaeckin. Monaco : Éd. du Rocher, 2006, 325 p. (ISBN 2-268-05688-0)
  • Alain Trez / Patrick Le Fur. Paris : Iconofolio, 2006, 43 p. (Artension). (ISBN 2-35237-008-6)
  • Travelling arrière : mémoires d'un cinéaste / Ulli Pickardt. Paris : l'Harmattan, 2004, 240 p. (Champs visuels). (ISBN 2-7475-7273-0)
  • « The Joy of specs : the power of the gaze in the novels of Sébastien Japrisot » / Martin Hurcombe. In Joie De Vivre in French Literature and Culture : Essays in Honour of Michael Freeman / sous la dir. de Susan Harrow et Timothy A. Unwin. New York : Rodopi, 2009, p. 269-282. Coll. « Faux titre » no 331. (ISBN 978-90-420-2579-0)
  • Sébastien Japrisot : The Art of Crime / sous la dir. de Martin Hurcombe & Simon Kemp. New York : Rodopi, coll. "Faux Titre" no 329, 2009, 190 p. (ISBN 978-90-420-2534-9)

Documentaire

  • JB dit Sébastien Japrisot (2007). Réal. Pélican Production. Resp. de prod. Emmanuelle Sterpin - SND/M6 Vidéo. Durée : 43 min. Suppl. au DVD L'Été meurtrier (SND 2007).

Liens externes

  • Ressources relatives à l'audiovisuel :
    • Allociné
    • (en) AllMovie
    • (en) Internet Movie Database
  • Site consacré à Sébastien Japrisot
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Source : Article Sébastien Japrisot de Wikipédia

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